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Nicolas Speciel enthousiasmé par la révolution mobile et bancaire nous parle de son expérience en Afrique,en tant qu’Ingénieur Avant-Vente chez UCOPIA, et de sa vision de la place qu’occupe le numérique sur ce continent.

Bouleversements et révolution mobile

Oui, Afrique rime avec rupture technologique.

Dans la perspective de cet article d’Oliver Labbe, je souhaitais proposer un exemple opérationnel, de mon vécu de la rupture technologique Africaine et plus précisément de la révolution mobile et bancaire qui est en cours.

En tant que consultant international chez un éditeur de solutions de connectivité Wi-Fi et de marketing de proximité, je récolte souvent des sollicitations de partenaires et de clients du monde entier pour l’intégration de nouvelles fonctionnalités. Certaines peuvent parfois être déroutantes !

Déroutantes, oui. Mais très enrichissantes : l’exemple de la révolution mobile en Afrique.

D’où ma surprise, lorsqu’il y a plus d’un an, au milieu d’une réunion de cadrage d’un de mes premiers gros projets en Afrique de l’Ouest, on me parle de codes USSD (#123# en France, que vous pouvez composer sur votre téléphone mobile par exemple) pour recharger des comptes Wi-Fi. Ces fonctionnalités sont extrêmement peu utilisées en Europe , et en 5 ans d’expérience dans mon domaine, je n’ai pas eu connaissance d’une telle demande (en Europe, Moyen-Orient, ou USA). Le peu d’opportunités liées à cette demande et sa complexité technologique me poussent à référencer cette demande de fonctionnalité  tout en expliquant qu’il me sera difficile de soutenir cela auprès de mon comité produit…

Quelques temps plus tard, autre client Africain majeur : demande similaire. Et le client se fait là aussi insistant…

Je creuse donc le sujet, échange avec mes partenaires locaux, et découvre, stupéfait, la monétisation mobile Africaine. Moi, adepte de la carte bleue, je constate qu’elle est décriée par les consommateurs Africains. Mes partenaires me parlent de dématérialisation monétaire, de transfert d’argent par sms, de mobile money, … beaucoup de bonnes idées aucunement exploitées en Europe. Je comprends alors que chez eux, l’opérateur mobile devient banque, et le forfait mobile devient compte bancaire. Le constat est là : l’Afrique a mis en place son propre système d’échange monétaire innovant, connecté, mobile, alors que ces usages ne sont encore que balbutiants en Europe.

 

Une fois la rupture comprise en interne, nous envisageons les solutions avec nos partenaires Africains pour les accompagner dans cette révolution mobile et bancaire. Après plusieurs réunions, nous imaginons une solution simple et adaptée aux utilisateurs Wi-Fi locaux. Notre technologie leur permet de créditer depuis leur téléphone leur compte Wi-Fi en temps supplémentaire, directement depuis leur forfait mobile via mobile money (soit par échange USSD, soit par un site web dédié). Bien sûr il est toujours possible d’acheter des recharges aux distributeurs agréés, ou d’utiliser une carte de crédit, mais l’appétence pour le mobile money se fait clairement ressentir.

Du point de vue des opérateurs des Hotspots, je perçois aussi l’intérêt pour la propriété de la donnée utilisateur et la maîtrise complète de l’infrastructure en local.

 

J’en conclus que le succès de ces projets, montés avec nos partenaires et clients Africains, a tenu en deux points majeurs.

Tout d’abord notre prise en compte de leur rupture technologique. Nous avons su être ouverts à leurs usages et technologies locaux, pour les intégrer dans notre technologie.

Et également l’importance à accorder à l’autonomie en termes de gestion technique et économique de la solution, sans possibilité d’ingérence externe.

 

A l’heure où des opérateurs mobiles français se lancent dans la banque mobile et veulent mener une révolution digitale du modèle traditionnel,  je confirme que la rupture numérique Africaine est déjà bien enclenchée et pourrait être une source d’inspiration pour bien des acteurs de notre économie européenne.